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mercredi 25 janvier 2017

La solidarité, plus que jamais un délit ?




Pour en finir avec le délit de solidarité

Communiqué de presse
Action collective

Procès d'habitants de la vallée de la Roya « coupables » d'être venus en aide à des réfugiées, avec la menace de lourdes sanctions. Mesures d'intimidation, poursuites - et parfois condamnations - de personnes ayant agi en soutien de migrantes ou de Roms, à Calais, à Paris, à Norrent-Fontes, à Boulogne, à Loos, à Perpignan, à St-Etienne, à Meaux... On assiste depuis plusieurs mois à la recrudescence de cas où la solidarité est tenue pour un délit.

Il est clair que les autorités entendent faire plier les citoyennes et les citoyens qui n'adhèrent pas aux politiques de non accueil et de mise à l'écart des migrants, et qu'elles n'hésitent pas pour cela à les assimiler à ceux qui profitent de la vulnérabilité des exilées et les exploitent, passeurs et trafiquants en tout genre.

100 organisations associatives ou syndicales, nationales ou locales, publient un manifeste par lequel elles entendent dénoncer ces procédés. Dans les semaines qui viennent, elles mettront en œuvre toutes sortes d'actions afin que soient préservés le droit de regard, le droit de critique, le droit de s'opposer à des politiques qu'on désapprouve, le droit de se conduire autrement qu'en agent de politiques de fermeture : le droit d'agir en toute humanité.
  

Thibault Soulcié Mediapart 

janvier 2017

                  Bien sûr, la solidarité n'a jamais été inscrite dans aucun code comme un délit.

Cependant, des militants associatifs qui ne font que venir en aide à des personnes en situation de très grande précarité, victimes de décisions dangereuses, violentes, voire inhumaines, se retrouvent aujourd’hui face à la justice.

Avec l'instauration de l'état d'urgence, et dans le contexte baptisé « crise migratoire », on assiste à une recrudescence de poursuites visant à empêcher l'expression de la solidarité envers migrants, réfugiés, Roms, sans-papiers... Au-delà, c'est le soutien à l'ensemble des personnes étrangères qui tend à devenir suspect, l'expression de la contestation des politiques menées qui est assimilée à de la rébellion et au trouble à l'ordre public.

La loi permet en effet de poursuivre les personnes qui viennent en aide aux « sans-papiers »,  mais toutes sortes d'autres chefs d’accusation servent désormais à entraver toute action citoyenne qui s'oppose aux politiques mises en œuvre. L'ensemble de ces intimidations, poursuites, condamnations parfois, visent donc bien en fait ce qui constitue de nouvelles formes du « délit de solidarité ».

Dès 2009, les associations de défense des droits de l'Homme et de soutien aux étrangers avaient dénoncé le fait que le délit d'« aide à l'entrée, à la circulation et au séjour des étrangers en situation irrégulière », introduit à l'origine pour lutter contre ceux qui font commerce du trafic et de l'exploitation des étrangers, ait permis au fil du temps de sanctionner les « aidants » d'étrangers sans papiers, même agissant dans un but non lucratif. Si les peines prévues ne sont pas toujours appliquées, une telle réglementation a bien sûr un effet dissuasif sur celles et ceux qui refusent de se soumettre à des politiques hostiles aux étrangers.

La mobilisation associative, à l'époque, a abouti à plusieurs réformes successives, dont celle du 31 décembre 2012 qui a été présentée comme la « suppression » du délit de solidarité. Il n'en est rien ; la nouvelle rédaction des textes se contente de préciser et augmenter les cas d'exemption de poursuites. Outre l'aide apportée à des parents, est autorisée l'aide qui aura seulement visé à « assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger » ou à « préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci ». Malgré tout, des personnes ayant manifesté leur solidarité avec des étrangers sans titre de séjour continuent d'être inquiétées - convocations à la police ou à la gendarmerie, gardes à vue, perquisitions, écoutes téléphoniques - voire poursuivies et parfois punies d'amende et emprisonnement.

Dans le même temps, des poursuites ont commencé d'être menées sur la base de textes sans rapport avec  l’immigration.

·       Les délits d’outrage, d’injure et de diffamation, de rébellion ou violences à agent de la force publique sont utilisés pour défendre l’administration et la police contre celles et ceux qui critiquent leurs pratiques ;

·       Le délit d’« entrave à la circulation d’un aéronef », qui figure dans le code de l’aviation civile, permet de réprimer les passagers qui, voyant des personnes ligotées et bâillonnées dans un avion, protestent contre la violence des expulsions ;

·       La réglementation qui sanctionne l’emploi d’un travailleur étranger sans autorisation de travail a servi à inquiéter des personnes qui, hébergeant des étrangers en situation irrégulière, acceptent que leurs hôtes les aident à effectuer des tâches domestiques.

Aujourd'hui, les motifs des poursuites se diversifient toujours plus. Tandis que les poursuites pour aide à l'entrée et au séjour ont repris de plus belle, de nouveaux chefs d'accusation sont utilisés pour condamner les actions solidaires :

·       La réglementation en matière d'urbanisme a été invoquée à Norrent-Fontes (Pas-de-Calais) pour demander la destruction d'abris pour migrants ;

·       Des textes sur l'hygiène ou la sécurité applicables à des locaux ont servi à empêcher des hébergements solidaires à St-Etienne ;

·       L'absence de ceinture de sécurité et d'un siège pour une fillette à bord d'un camion a permis la condamnation d'un aidant à Calais ;

·       L'intrusion dans des zones particulières, interdites pour cause d'état d'urgence, a été utilisée, à Calais également, pour sanctionner le regard citoyen ;

·       Le délit de faux et usage de faux est utilisé pour intimider des personnes qui ont voulu attester de la présence depuis plus de 48h de personnes dans un squat à Clichy ;


Et, de plus en plus, le simple fait d'avoir voulu être témoin d'opérations de police, d'expulsions de bidonvilles, de rafles, peut conduire à une arrestation, sous couvert de rébellion ou de violences à agent.

Ces procédés d'intimidation doivent cesser. Nous affirmons la légitimité du droit de regard des citoyens et des citoyennes sur les pratiques de l’administration, de la justice ou de la police. Nous voulons que soient encouragé·e·s celles et ceux qui se montrent solidaires des personnes en situation de précarité sans se soucier de savoir si elles sont ou non en situation régulière quant au séjour. Nous refusons que les populations visées par des politiques ou des pratiques xénophobes soient privées de soutien.  C'est l'avenir du principe même de solidarité qui est en jeu.


    Différents moyens de participer à la mobilisation du collectif


Apporter la signature d'une organisation (association, syndicat, collectif),
pour rejoindre le collectif

Participer à la journée d'action
le jeudi 9 février 2017
Rassemblements, prises de parole, formation de chaînes humaines
pour proclamer que nous sommes tous « délinquants » et solidaire des étrangers...

À Paris, un rassemblement sera organisé à 10 heures - le lieu, le type d'action et les intervenants seront précisés ultérieurement.

Être tenue au courant de l'activité du collectif
Demander à être abonnée à la liste de diffusion http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/delinquants-solidaires-info


Contribuer à la mobilisation, diffuser de l'info, des textes et photos d'actions de protestation
#DélinquantsSolidaires
en ciblant les messages (par ex. @Place_Beauvau ou @justice_gouv...)
"Si la solidarité avec les étrangers est un délit, alors je suis une délinquante"

S'informer des cas de poursuites passés et en cours


Faire connaître au collectif des cas relevant, directement ou indirectement,
du délit de solidarité
Attention :
Il faut que l’intéressée soit daccord pour que son cas soit mis en ligne, même anonymisé (de fait lanonymat nempêche pas de savoir de qui il s’agit…) ou bien que l'affaire ait déjà été médiatisée.
Les faits essentiels doivent être présentés (circonstances, garde à vue, comparution, décisions...) et avérés. Joindre si possible tout document officiel.







mercredi 4 juin 2014

Les samedis de papiers


Les samedis de papiers
Samedi 7 Juin 2014
De 16h30 à 18h
Place de la Sorbonne
         Paris

Soutenez les jeunes sans papier des Yvelines ! 


Photo Jean-Claude Saget 
Samedi 7 Juin la parole sera donnée aux jeunes des Yvelines et à leurs soutiens.

Les lycéens sans papiers, ex-mineurs isolés ou vivant dans leur famille, se rassemblent  chaque samedi, depuis le 3 mai, place de la Sorbonne pour exiger leur régularisation. 
Ils seront soutenus par RESF, leurs camarades, leurs enseignants, des parents d'élèves, des syndicalistes enseignants et lycéens.

En présence de personnalités artistiques, littéraires, scientifiques, associatives, syndicales et politiques, les organisateurs appellent les personnalités issues du monde des médias et de la culture à rejoindre leur combat, de façon à ce que leur tribune prenne suffisamment d’ampleur.

Il est prévu  la tenue« d’Assise régionales du lycéen sans papiers » qui présenteront leurs conclusions le 27 juin prochain au Conseil Régional d’Ile de France.



Photo Jean-Claude Saget

 http://www.resf78.ouvaton.org/

lundi 14 octobre 2013

Rencontre festive avec le groupe de jeunes du RESF 78

                      Le groupe de jeunes du RESF 78 vous invite à une rencontre festive
                                      le samedi 2 novembre 2013 de 16h à 20H
                                        Salle Michelet – Place Michelet à Houilles
Cela sera l'occasion de fêter la régularisation des uns et d'organiser le soutien nécessaire aux autres. Une occasion de passer un bon moment ensemble, de faire connaissance, de tisser des liens.
Deux ans et demi après notre parrainage départemental de jeunes scolarisés, nous fêterons les derniers qui viennent d'être régularisés. Mais pour certains qui n'ont reçu qu'un titre «étudiant» rien n'est gagné quant à leur avenir en France. À la fin de leurs études, cela sera à nouveau la galère pour avoir un changement de statut.
Suite à la lettre envoyée au préfet par 6 jeunes de Sartrouville et environs, un premier rassemblement le 6 mai 2013 avait regroupé 14 jeunes. Ils sont maintenant une vingtaine. Parmi eux, 4 ont reçu un refus de séjour assorti d'une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français).
Ne pas rester isolé, être solidaire une fois régularisé, se soutenir moralement dans les moments difficiles, tisser des liens d'amitiés... Ils vous invitent à une rencontre festive où chacun apporterait ce qu'il peut : à manger, à boire, à écouter, à regarder... Si vous êtes bon cuisinier, n'hésitez pas à apporter une de vos créations, quelque chose à manger de votre pays, de votre région. Chanteur, musicien ou acteur, une sono peut être mise à votre disposition, de préférence le signaler dès maintenant ; un vidéo projecteur aussi si vous avez un petit film à nous présenter. Les anciens accompagnés de leur parrain, les nouveaux, les amis, quelle que soit leur nationalité et leur situation administrative, jeune comme vieux... Chacun sera le bienvenu ! Une petite permanence administrative aura lieu sur place pour les nouveaux.



                               Le Réseau Education Sans Frontières : la France terre d’asile ?

Le Réseau RESF a été créé en juin 2004 pour lutter contre les expulsions de jeunes ou de famille ne possédant pas de permis de séjour. Ces personnes qui ont tout quitté en fuyant la répression, la guerre et principalement la misère, espèrent simplement un avenir meilleur. Une grande partie de ces jeunes ne sont pas demandeurs d’asile mais sont venus en France rejoindre un membre de leur famille vivant ici en situation régulière.
Mais ils sont traités comme des délinquants et ils sont victimes de brimades juridique, administrative, policière. Leur séjour français risque de se terminer en centre de rétention avant expulsion !
Le Réseau RESF demande la régularisation des familles dites « sans papiers ». Une orientation des décisions politiques basée sur l’acceptation des différences, la tolérance et l’humanité.

Jeunesse sans papier, jeunesse volée : la loi doit changer !

Le RESF 78 est composé d’un collectif d’associations et de militants des Yvelines qui agissent pour régulariser jeunes et enfants étrangers qui vivent dans notre département : accompagnement à la préfecture, constitution de dossiers, réseau d’alertes, visites et actions dans les centres de rétentions, pétitions et manifestations…
 Des cercles de Silence sont organisés à Versailles
 (angle de l'avenue de Saint-Cloud et avenue Charles De Gaulle- marché aux fleurs ), à deux pas de la Préfecture et du TGI de Versailles. Le prochain cercle de Silence aura lieu Jeudi 14 Novembre 2013 

http://www.resf78.ouvaton.org




vendredi 22 juin 2012

Pour une nouvelle politique à l’égard des immigrés: solidarité!


Ana, jeune femme Cap-Verdienne, en France depuis 5 ans, habitant successivement à Villepreux puis depuis février 2010 aux Clayes-sous-bois a reçu le 20 mai dernier une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) après avoir déposé 3 ans auparavant une demande de régularisation.
Un collectif RESF (Réseau d’Education sans Frontières) s’était construit autour d’elle dès la connaissance de sa situation.

Ana a deux filles Selma 7 ans et Noémie 4 ans toutes les deux scolarisées.
Ana travaille, soit au noir soit, sous une fausse identité comme la contraint ce système hypocrite, qui, mettant des années à donner une réponse à la demande de régularisation, ferme pudiquement les yeux sur la façon dont les personnes concernées survivent, paient un éventuel loyer, scolarisent leurs enfants, etc...

Dès la réception de cette OQTF, une avocate a été saisie, les documents compilés pour nourrir le dossier, le réseau RESF a été à nouveau alerté. Et la presse s’est emparée de cette information, un article est paru dans les Nouvelles de Versailles.
A la suite de cet article, la préfecture s’est immédiatement saisie du dossier. Depuis Mardi 19 juin, Ana peut sortir dans la rue sans crainte et revoir ses employeurs afin d’obtenir un contrat de travail. D’ici moins de 3 mois,  croisons les doigts,  Ana devrait avoir la carte d’un an qui concrétisera toutes ses espérances.

Son histoire n’est malheureusement pas unique, des « Ana  » il y en a beaucoup ! Celles-ci, ceux-ci attendent la peur au ventre, mais en même temps toujours pleins d’espoir pour une aussi heureuse issue. De nombreux militants dans de nombreuses associations apportent leur aide, leur connaissance, leur accompagnement tant il est vrai que seul dans cette véritable jungle, il est difficile de s’en sortir.
L’issue positive de la situation d’Ana est due aussi, on peut l’imaginer, au changement politique qui se profile
Cependant ce changement nous le souhaitons, nous le voulons à la mesure de l’espérance de tant de personnes en souffrance, c’est pourquoi l’Association Démocratie et Solidarité à  Villepreux se joint à l’appel des 26 organisations pour une nouvelle politique à l’égard des immigrés: 
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