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ADSV 32. Venez nous rencontrer et
signer l’appel pour demander l’interdiction totale des pesticides ! Des graines
de plantes, et une boite à lire spécial BD et livres sur la nature seront à la
disposition des visiteurs.
Le boscalid, un pesticide qui inhibe
une enzyme respiratoire !
Le
SDHI est un fongicide très utilisé dans
l’agriculture, ses molécules inhibent l’activité d’une enzyme qui participe à
la chaine respiratoire (
SDH). Les fongicides
SDHI visent à détruire les champignons et les moisissures qui
se développent dans les cultures en bloquant leur respiration. Le problème,
selon plusieurs chercheurs, est qu’ils peuvent aussi bloquer celle de tous les
êtres vivants, plantes, animaux, et hommes.
« Ces molécules étant
décrites comme des fongicides, nous pensions qu’elles ne ciblaient que les
champignons. Mais les tests que nous avons menés en laboratoire ont montré
qu’elles tuaient aussi l’enzyme humaine, celle de l’abeille ou du ver de terre », résume Pierre Rustin, directeur de
recherche au Centre national de la recherche scientifique (
CNRS)
et spécialiste des maladies mitochondriales (maladies liées notamment au
mauvais fonctionnement de cette enzyme). Or, le blocage de cette enzyme peut
entraîner des anomalies épigénétiques, expliquant l’apparition de tumeurs et de
cancers.
Le boscalid, issu de la recherche du groupe chimique allemand
BASF et autorisé dans l’Union européenne depuis 2008, est le
plus vendu dans notre pays.
Selon les chercheurs,
« près
de 70 % des surfaces de blé
tendre et de 80 % de celles
d’orge d’hiver sont traitées par les SDHI », qui sont aussi utilisés sur les
fraises, les salades, les pommes, dans les vignes, etc. Résultat, le boscalid
est le résidu de pesticides le plus fréquemment retrouvé dans les aliments au
niveau européen, selon une analyse menée en 2016 par l’Autorité européenne de
sécurité des aliments.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail (Anses) à monter un groupe d’expertise en 2018
afin de
« déterminer si les
informations et hypothèses scientifiques mentionnées par les auteurs [de la
tribune] apportaient des éléments en faveur d’une exposition et de risques ». Mi-janvier 2019, l’anses
a conclu à l’absence d’alerte sanitaire.
En avril 2019, le
collectif Info Médoc Pesticides et l’association Éva pour la vie ont publié les
résultats d’analyses de mèches de cheveux qu’ils ont réalisés sur des riverains
et des travailleurs des vignes du Médoc. Sur ces derniers, des taux « hallucinants » de boscalid ont été détectés
et quantifiés.
Selon Michel
Urtizberea, toxicologue responsable de l’homologation chez BASF,
« présence ne veut pas dire
risque ». « Des doses ont été établies
comme étant toxiques ou non, mais cette échelle est tout à fait discutable
lorsque l’on connait les mécanismes d’actions de ces molécules et l’évolution
lente des maladies qu’elles pourraient entraîner, répond Pierre Rustin, du CNRS. Ce qui importe n’est pas seulement la dose, mais
aussi le moment et le temps d’exposition. »
François Dedieu est chercheur en sociologie à l’Inra. Ses travaux portent
notamment sur la gouvernance des risques collectifs associés à l’usage des
pesticides.
« Ce n’est pas
l’agence qui est en cause, mais la manière dont sont établis les tests de
toxicité, dit-il.
Ces tests sont certes de plus en plus rigoureux, mais
ils ont une vision très standardisée des dangers qu’ils doivent évaluer et
écrasent souvent une grande partie des données. »
François Veillerette, directeur de Générations
futures, va dans le même sens : selon lui,
« le cadre règlementaire favorise une
évaluation partielle ».
« Contrairement à
d’autres pesticides, dont les mécanismes d’action sont encore flous, nous
savons parfaitement ce que ciblent les SDHI. Cette
cible est présente chez tous les mammifères et tous les organismes vivants. Et
tous sont tués par les SDHI s’ils y sont exposés
suffisamment longtemps ou en quantité, constate Pierre Rustin, du
CNRS.
Ne pas
retirer ce produit du marché est totalement irresponsable ! » L’Anses a annoncé ne pas clore le
dossier.
credit document reporterre.net
Parution le 11 Septembre 2019