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vendredi 11 mars 2016

Roms : Lettre ouverte de la LDH à Bernard Cazeneuve




 Paris, le 8 mars 2016
Monsieur Bernard Cazeneuve
Ministre de l’Intérieur
Place Beauvau
75800 Paris Cedex 08
Réf.
107/16/FD/PG/FS


                                                                    Monsieur le Ministre,
Nous vous adressons cette lettre car les expulsions forcées subies par les Roms (ou les personnes désignées comme telles) vivant dans des bidonvilles en France atteignent des niveaux intolérables durant cette période hivernale.

En effet, le recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms (ou des personnes désignées comme telles), en France, indique que depuis le début de l’année 2 582 personnes ont été évacuées de force de leurs lieux de vie, soit près de 300 personnes par semaine.
Sans attendre la fin du premier trimestre 2016, nous voulons alerter sur cette situation indigne et inhumaine. Rien que durant la dernière semaine, en plein hiver, ce sont plus de 1 000 personnes qui ont été ainsi jetées à la rue à Roubaix, à Marseille, à Nantes et en d’Ile-de-France.

Dans votre réponse au Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, M. Nils Muižnieks, en date du 12 février 2016, vous affirmiez : « Des efforts sont faits pour atténuer au maximum les effets sur les parcours de scolarisation, ce qui explique notamment qu’une grande partie des évacuations ont lieu en été. » Si ce que vous dites est avéré et au vu du nombre élevé d’évacuations forcées exécutées durant les deux premiers mois de cette année, nous craignons le pire, pour l’été à venir. Dans le cas contraire, vos dires ne se vérifient pas dans les faits.
Dans le même courrier, vous faites référence à la circulaire du 26 août 2012, indiquant son application lors des évacuations forcées. Nous devons vous contredire aussi sur ce sujet : sur les 19 expulsions recensées depuis le début de l’année, seules 11 ont fait l’objet d’une proposition d’hébergement temporaire. L’application de cette circulaire n’est pas du tout systématique, et ceci depuis le mois d’août 2012. Quand elle l’est, ce n’est que de manière très partielle. Cette observation est faite par tous les acteurs opérant sur le terrain. Ces expulsions se font, de fait, toujours sans solution de relogement valide et pérenne.



Ces expulsions sont condamnées par le Commissaire aux droits de l’Homme ou la Commission antiracisme (Ecri) du Conseil de l’Europe. Dans la lettre que le Commissaire aux droits de l’Homme vous a envoyé le 26 janvier 2016, M. Nils Muižnieks spécifiait en effet : « En outre, comme je l’ai rappelé dans mon rapport de 2015, le Comité européen des droits sociaux a rendu une série de décisions concernant la France, constatant plusieurs violations de la Charte sociale européenne concernant les droits sociaux des Roms. »

L’inquiétude est grande car on ne comprend pas pourquoi se perpétue cette politique inhumaine, indigne et inutile, car elle ne résout rien. Elle aboutit à précariser encore plus une population déjà très fragilisée. On estime qu’un tiers des personnes ainsi rejetées sans abri sont des enfants.

Nous voulons vous alerter ainsi que l’opinion publique, car, comme pour les réfugiés de Calais, c’est une politique du bulldozer qui est mise en place.
Nous réitérons la même demande, de manière inlassable : la suspension des expulsions systématiques, la sécurisation des bidonvilles et leur assainissement, la mise en place de solutions adaptées pour l’insertion des familles à travers le droit commun et ceci avant toute expulsion, pour toutes les familles et sur tout le territoire. Le suivi de ces politiques devrait être organisé dans le cadre d’un dialogue permanent entre les pouvoirs locaux (communes, collectivités territoriales), les autorités régionales et nationales et les acteurs publics et associatifs actifs dans les bidonvilles.
Vous comprendrez, monsieur le Ministre, que nous rendions cette lettre publique. Je vous prie de croire, monsieur le Ministre, en l’expression de ma haute considération.
Françoise Dumont
Présidente de la LDH




mercredi 15 mai 2013

Bidonvilles : le changement est urgent ! Manifestons le 25 mai !





                                    Manifestation régionale IDF le samedi 25 mai à 15h
                        Au départ de la place Saint-Michel et en direction de l'Hôtel Matignon.

Quelques milliers de familles roumaines et bulgares (environ 10 000 personnes) vivent en Île-de-France depuis plusieurs années. Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’une « invasion » massive et brutale. Toutes fuient la misère et, pour les familles roms, une discrimination redoutable dans leurs pays d’origine. Comme toutes les familles immigrées, elles cherchent un avenir pour leurs enfants. La plupart d’entre elles vivent dans des bidonvilles insalubres d’où elles sont régulièrement chassées, voyant détruites leurs maigres affaires, et brisés leurs efforts d'intégration (scolarisation, suivi médical). Certaines communes continuent impunément à pratiquer des mesures discriminatoires comme le refus de scolarité, pourtant illégal. Les expulsions ne règlent rien. Les familles s’installent quelques kilomètres plus loin.

Leurs conditions de vie sont d’autant plus difficiles et indignes qu’on limite leur accès au travail et qu’on leur refuse l’accès à l’eau ou l’évacuation des déchets. Ce sont pourtant ces conditions de vie qui servent de prétexte à la stigmatisation par des élus locaux ou nationaux ou qui
expliquent  le rejet  de certains riverains, que certains irresponsables politiques attisent, au risque de conduire à d’odieux affrontements. 

Malgré l'engagement de François Hollande alors qu'il était candidat à la Présidence de la République, la publication d'une circulaire au mois d'août 2012 requérant la recherche de solutions alternatives aux bidonvilles et la mission confiée à la DIHAL (Délégation Interministérielle à l’Hébergement et à l’Accès au Logement) pour sa mise en œuvre, la situation de ces citoyens européens ne fait 
qu’empirer !

Pour les habitants des bidonvilles comme pour tous les sans-abri et mal-logés, il est urgent de changer de politique ! Les solutions existent !
L’État, en lien avec les collectivités locales doit les penser et les construire à une échelle régionale
avec les acteurs sociaux et surtout les intéressés eux mêmes.
L’État doit cesser immédiatement les destructions de bidonvilles,  les expulsions du territoire français et supprimer les mesures transitoires qui limitent l'accès de ces familles à l'emploi. Il doit coordonner la mise en place concrète de solutions de relogement pérenne en lien avec les
communes,  les conseils généraux et le conseil régional (réquisitions de bâtiments vides, constructions de logements- passerelles...),  pour les habitants des bidonvilles comme
pour tous les mal-logés. Des propositions pour l'accès aux droits fondamentaux (scolarisation, emploi, santé) sont également nécessaires. Des fonds européens destinés à  la résorption de l'habitat  indigne sont  pour  l'instant notoirement sous-utilisés.

Un relogement de ces familles et leur accompagnement social représenterait un effort dérisoire s'il était réfléchi avec elles et coordonné au niveau de la Région Île-de-France.  
Nous demandons d’urgence un rendez-vous commun avec M. Jean Marc Ayrault, Premier Ministre, Mme Cécile Duflot,  Ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, M. Alain Régnier,  Délégué interministériel à l'hébergement et à l'accès au logement et M. Jean Daubigny,
Préfet  de la région d’Île-de-France, pour y porter les revendications et propositions des familles et des associations qui les soutiennent.

Le changement c’est urgent !
Le rendez-vous que nous demandons pourrait être le premier pas dans le nécessaire dialogue à instaurer entre toutes les parties concernées. Devra suivre rapidement une table ronde à l'échelle régionale rassemblant l’État, les collectivités locales, des représentants des familles et des associations pour la mise en place de solutions concrètes, dignes, pérennes et équitablement réparties sur le territoire francilien. Pour soutenir ces revendications et cette demande de rendez-vous, nous appelons à une manifestation régionale le samedi 25 mai à 15h

Associations, collectifs et syndicats : Association de Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines & Roms (ASEFRR), Association Rromeurope, ASTI 93 (Clichy-Montfermeil), Collectif de soutien aux droits des Rroms de Rosny, Collectif de Soutien aux Rroms du Val Maubuée (77), Collectif Romyvelines (Membre du collectif Romeurope), Comité de soutien aux Roms et Bulgares turcophones de Bobigny, Comité ATTAC N.91, Décil -Démocratie citoyenne et citoyenneté locales (Mantes), Droit au Logement (DAL), Ecodrom93, Femmes Plurielles,  Intermèdes Robinson, La voix des Rroms, Les Amis d’un Coin de l’Inde et du Monde (L.A.C.I.M), Ligue des Droits de l'Homme (LDH Paris et 93, Membre du collectif Romeurope), Merilin dans notre Ville (Noisy-le-Sec), MRAP (91-93-94-Nanterre-Paris, Membre du collectif Romeurope), Équipe CCFD -Terre solidaire de St Denis, Registre des Citoyens du monde Paris 13,  RESF 93, Réseau 1427 (Saint-Denis), Sortir du colonialisme, Union Syndicale Solidaires (91 et 93)
Organisations Politiques : Alternative Libertaire (AL), Europe Écologie-Les Verts Ile-de-France (EELV- 93, 91, IdF), Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Gauche Anticapitaliste (GA), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, 93, national), Parti Communiste Français (PCF, 91, 93,national), Parti de Gauche (PG 93 et national)